Le message suivant devait etre lu par la délégation de Draria au congrès du SNPSP. La délégation a été interdite d'accés.
Le SNPSP souffle sa 20 eme bougie comme la
majorité des associations et des syndicats nés après l'ouverture démocratique de 1989. Un immense espoir est né pour la prise en charge des attentes nombreuses des praticiens. Ces attentes sont
d'ordre sociales, économiques mais aussi politiques par la revendication du droit à l'exercice syndical en toute liberté, en toute démocratie. Si la décennie écoulée a connu une certaine
léthargie de la revendication sociale à cause des événements tragiques qu'a connu le pays, la décennie actuelle est celle du retour en force des syndicats autonomes sur le terrain de la lutte
sociale avec comme aspiration une redistribution juste et structurante des richesses nationales. Les syndicats de la fonction publique longtemps brimés ont occupé les premières lignes. C'est un
espoir immense pour notre pays qui voit ses universitaires sortir la tête de l'eau et affirmer de manière organisée leur aspiration à une place valorisante dans l'architecture sociale du pays.
Cette émulation de la société civile présage d'une reconstruction de l'Algérie en partant de la base vers le sommet. Aussi, il faut saluer le retour des fonctionnaires sur la scène de la
revendication sociale. Cette classe moyenne longtemps marginalisée, qu'on tente de paupériser, refuse la fatalité, sous d'autres cieux elle aurait constitué une source de fierté
nationale. Dans ce bouillonnement social il est légitime de se poser un certain nombre de questions, notamment la place des praticiens de santé publique et de leur porte drapeau le SNPSP.
Il n'est nullement question de faire le procès de personnes, mais un bilan objectif et sans complaisance doit être dressé.
Ces trois dernières années la scène
sociale a connu une effervescence particulière autour notamment des statuts particuliers, du statut de la fonction publique ainsi que du régime indemnitaire. D'un coté les pouvoirs publics
veulent garder le contrôle sur le dossier en fermant les espaces de dialogue et de négociation, de l'autre des syndicats de la fonction publique font pression par des protestations pour imposer
la voix du dialogue, l'ouverture des négociations et le respect des engagements. Certains syndicats à l'exemple du CNES ont su négocier bon grés malgré avec des avancées substantielles à l'issue.
Le SNPSP quant'à lui s'est lancé dans un mouvement de grèves cycliques avec les syndicats de la coordination de la fonction publique dans un premier temps, puis avec les syndicats de la santé
mais sans résultats probants. Les déclarations incendiaires tenues par la direction de syndicat n'ont pas tardé à se matérialiser par une grève ouverte à la veille d'une échéance électorale
importante. Au delà des interprétations données pour le choix de la période à l'intérieur et à l'extérieur du syndicat, cette grève a montré le vrai visage du SNPSP , son handicap organique ainsi
que l'insuffisance de ses choix stratégiques.
Sur le plan organique on a pu relever que plusieurs wilayas du nord du pays n'ont pas vu un seul praticien répondre
favorablement au mot d'ordre de grève. Pour les wilayas du sud la direction du syndicat reconnaît ignorer complètement le sort qui leur est réservé. Dans sa tendance lourde la participation à la
grève ouverte contrairement aux grèves cycliques a été un fiasco, ce rejet doit être analysé pour peser sur les futurs stratégies d'action.
On
constate une résurgence d'un régionalisme ravageur dans les rangs de notre syndicat. On parle aisément aujourd'hui des gens du centre, de l'est ou de l'ouest. Le danger est que l'on veuille
absolument garder ce type absurde de représentation. Faut 'il rappeler que nous sommes le seul syndicat à l'échelle national à adopter ce type de structuration. Mais il faut reconnaître aussi
qu'il masque bien des tares. On peut aisément déclarer une réunion du conseil régionale légale avec la participation de 30 personnes. Comme l'on peut déclarer une wilaya toute entier présente
avec la participation d'un seul délégué. Pour le bureau national, son président a reconnu au dernier conseil national que seul 09 membres sur un total de 22 participent régulièrement aux
réunions. La faillite organique du SNPSP n'est un secret pour personne les pouvoirs publics (ministère de la santé et du travail) connaissent l'amère réalité. Le refus de recevoir et de
négocier avec le bureau national est une forme de mépris pour syndicat que son état explique grandement. Cela fait de nous un tristement célèbre syndicat légal mais non reconnu.
Quant'
a la démocratie c'est tout simplement le parent pauvre du syndicat. Les pratiques antidémocratiques sont érigées en mode de fonctionnement de notre formation, elles sont même devenues
réglementaires, l'article 66 du règlement intérieur du syndicat stipule que « le bureau national siège en commission national de discipline et de recours à chaque fois que le situation
l'exige » Une disposition d'un autre age qui a été actionnée pour exclure certains cadres syndicaux aux voix discordantes.
Le congrès cette suprême instance, cet espace idoine pour rassembler, se concerter, débattre et arrêter les grands chantiers à mettre en oeuvre est transformé en conclaves régionaux charger de se
partager les leviers de commande du SNPSP. Le SNPSP gagnerait à soustraire le congrès aux tractations électoralistes et permettre ainsi au conseil national de se doter d'un bureau national qui
sera élu en son sein. Comme il est urgent de restructurer le syndicat en supprimant le palier région porteur de toutes les dérives et propice aux résurgences de réflexes régionalistes qu'on
croyait d'un autre age.
Lors de la
dernière grève ouverte le conseil national a rejeté la voie suicidaire défendue par le bureau national. Comment interpréter ce rejet ? Peut on passer outre la faiblesse organique, l'absence
de stratégie d'alliance, l'exclusion de toute voix discordante. En un mot, sommes nous prés à reproduire l'échec et prendre le risque de perdre trois années
pour un éventuel redressement ?